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de Saint Jean de Valériscle

MAIS OU SONT DONC LES MURETTES D’ANTAN ?

Avr 12, 2012 | Actualités

Mirza : Quelle aventure, cette promenade sur les collines mon cher Youki !
Youki : Où es-tu allé ?
Mirza : En marchant sur le chemin de la Coste, j’ai rencontré mon copain le chien de chasse qui partait se promener.
Youki : Et qu’as-tu découvert sur nos belles collines ?
Mirza : Déjà, le spectacle du printemps est magnifique. La nature s’éveille, les fleurs étalent leurs coroles multicolores, les bourgeons sont prêts à éclater.
Youki : Et des oiseaux ! Ils chantent et piaillent en voletant dans les rayons du soleil : Quelle musique, quelle harmonie !
Mirza : Et puis, j’avais entendu la chanson de Jean Ferrat qui dit : « Avec leurs mains dessus leurs têtes, ils avaient monté des murettes jusqu’au sommet de la colline » Je ne pensais pas que ce soit aussi impressionnant. Quel travail, quelle patience, que de sueur pour réaliser toutes ces … comment dites-vous, ces …
Youki : Faïsses !
Mirza : Mais au détour du chemin, nous sommes tombés sur une zone de désolation. Plus aucun arbre, seulement quelques branches aux feuilles desséchées jonchant le sol. Et les murettes, toutes démolies, écroulées, avec quantité de pierres qui avaient roulé au fond du vallat.
Youki : Quel triste spectacle !
Mirza : mon copain qui a « barrutlé » sur toutes les collines du village m’a expliqué que des bûcherons achetaient des coupes de bois pour le chauffage. A partir de là, tous les moyens sont bons pour sortir le bois. Si bien qu’avec des tracteurs et des bulldozers, ils tracent des passages à travers les faïsses, puis tirent les troncs avec des treuils pour les amener jusqu’aux chemins.
Youki : Et adieu les murettes si patiemment construites par nos aïeux. Maintenant, la terre ne sera plus retenue à flanc de colline et sera précipitée dans les bas fonds durant les violents orages de l’automne. Pourtant, j’ai entendu parler de la possible création d’un conservatoire avec faïsses et oliviers, mais l’idée a du être abandonnée.
Mirza : Bientôt, il faudra changer le refrain de la chanson et dire « que la montagne ETAIT belle » au temps de nos ancêtres cévenols.

(Jean-Marc Garnier – Correspondant de Saint Jean de Valériscle – Article paru dans Midi Libre le 08/04/2012)